Vieux livres sur une étagère.
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Les rituels d’écriture, qu’est-ce que c’est ? (ou pourquoi ma Muse est un triton).

Beaucoup d’auteurs possèdent des rituels d’écriture. Certains ne peuvent écrire qu’à leur bureau, d’autres ne le font que dans des lieux animés comme des cafés, il y en a qui n’écrivent que le matin ou que le soir, en musique, après avoir checké facebook… les rituels sont aussi nombreux que les écrivains. Ils font également partie de la vision fantasmée que l’on a de ce métier.

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Peut-on écrire sans rituel ?

Superstitions, petit coup de pouce ou élément indispensable ? Cela dépend des gens. Certains auront besoin de conditions très précises pour se concentrer. D’autres écriront n’importe où et dans (à peu près) n’importe quelles conditions.

Une chose est sûre, les rituels ne sont pas indispensables pour écrire. Vous n’en avez pas ? Et alors ? À part pour déconner entre auteurs en herbe qui s’amusent à comparer les plus loufoques, ils ne sont pas indispensables. Du moins, la plupart du temps. Si vous avez envie d’écrire, qu’une scène vous trotte dans la tête mais que vous n’avez pas votre logiciel fétiche d’ouvert sur votre ordinateur fétiche posé sur votre bureau fétiche avec votre chat fétiche sur les genoux, gribouillez-la sur une feuille de brouillon. Il sera toujours temps de chercher le chat après.

Alors, à quoi servent les rituels ?

Les rituels sont ni plus ni moins qu’un moyen de se mettre en conditions. Comme si vous disiez à votre cerveau :  » Prépare-toi, dans 2 minutes, j’écris. Je compte sur toi !  »

Car notre cerveau fonctionne beaucoup sur des habitudes. Si vous effectuez chaque soir un geste avant de vous coucher, cela peut favoriser votre endormissement. De la même manière, si votre cerveau associe un acte au début de l’écriture, il aura tendance à s’activer et vous serez plus vite concentré sur votre tâche.

Les rituels de motivation

Le rituel peut aussi être un moyen de vous contraindre à l’écriture. Un signal que vous vous adressez à vous-même et qui vous donne l’obligation morale d’arrêter de procrastiner.

Personnellement, j’en ai deux de ce type. Le premier est de lancer un site internet de fonds sonores (MyNoise pour ne pas le citer). J’écris la plupart du temps en silence, mais parfois, ce silence peut devenir pesant. Or, j’ai beaucoup de mal à ne pas me laisser déconcentrer par la musique. Du coup, j’écris en écoutant le bruit de la pluie qui tombe, du vent qui souffle, de l’orage ou des crépitements d’un feu.

Mon second rituel consiste à me faire un thé. Ce n’est probablement pas tant le thé qui aide que l’acte de le préparer. De couper le cercle de procrastination (facebook/mail/articles/forum/blabla/youtube…) en me levant de mon bureau et de me dire :  » Quand je me rassois, j’écris « .

C’est con, sans doute. Mais vous savez quoi ? 90% du temps : ça marche. Pour les 10% restant, je pose un chocolat à côté de moi avec interdiction de le manger tant que je n’ai écrit la première phrase.

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site internet : ileauxepices

 

Les rituels d’inspiration

Comme il y a des rituels de motivation, il y a aussi pour moi des rituels d’inspiration. Car la procrastination n’est pas le seul soucis de l’écrivain posé devant son ordinateur. Parfois, la motivation est là, on a envie d’écrire, on s’est fait un thé, on a une musique de fond et un chat ronronnant sur les genoux et… non. Rien ne marche. On a une scène à écrire, mais on ne sait pas comment. On aligne quelques mots, quelques lignes, on efface, on recommence.

Dans ces cas là, il m’arrive d’utiliser mon super joker. Le rituel qui réveille ma Muse presque à coup sûr et dont je sors miraculeusement avec les phrases toutes écrites dans la tête : je vais prendre une douche.

Bon, j’évite de faire ça plus d’une fois par jour.

Mais parfois, quand vraiment l’écran d’ordinateur reste blanc et le cerveau en rade, le fait de me lever et de faire complètement autre chose, mais un autre chose qui laisse mon cerveau libre de vagabonder à sa guise, me permet de retrouver le fil.

Ça fonctionne aussi quand je vais marcher ou que je conduis. Bref, quand je réalise une activité monotone qui me permet de penser à autre chose. Et étrangement, quand il n’y a plus la pression d’aligner les phrases sur l’écran, celles-ci s’alignent soudain dans ma tête. Parfois sur la scène en cours, parfois sur tout autre chose (un projet en cours de brainstorming, un article de blog…), mais dans tous les cas, je ressors de là en ayant avancé.

Bref, ma Muse est un triton

Quoi qu’il en soit, si j’ai trouvé un point commun à tous mes rituels, qu’ils soient de motivation ou d’inspiration, c’est la présence de l’eau. Qu’elle soit dans le thé, dans le son de la pluie ou des pas dans la neige (mes deux favoris), celle de la douche, d’un trajet en voiture sous la pluie ou d’une ballade en bordure de rivière, c’est quand il y a de l’eau pas loin que ma Muse sort de son trou pour venir me souffler des histoires à l’oreille.

Je lui ai demandé si elle était une sirène, elle a fait la grimace et m’a dit  » Nan, j’suis pas une fille ! « . Ah, ok. Va pour triton alors, espèce de chose aquatique irascible.

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Male Triturus cristatus. Photo by R. Griffiths

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