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Errances, Identités

La solitude, besoin vital ?

Certaines personnes mènent une vie effrénée : journée de travail entouré de collègues, soirée en famille à la maison, week-end rempli de sorties entre potes… et on recommence sur une nouvelle semaine ! Quand je vois ces gens, qui vivent entourés d’autres personnes en permanence et sans jamais s’en lasser, je suis profondément admirative et hautement perplexe.

Moi, j’en suis incapable. Collègues, famille et amis, le plus souvent je dois choisir. Cumuler les trois sur une même semaine, et plus encore sur plusieurs semaines d’affilée, est tout simplement épuisant. Et je ne parle pas d’un rythme endiablé de sorties, de fêtes et de soirées. Juste de présence permanente.

Jeune femme au milieu de la foule.
Par Graehawk sur Pixabay

Pour être bien, j’ai besoin d’être seule. Souvent. Beaucoup plus que ne me l’autorise une « vie normale » selon les standards de notre société, en fait. Parce que quand je rentre d’une journée de boulot, que je retrouve mon compagnon qui me raconte sa journée et me dit « au fait, demain on va manger avec untel », je suis épuisée. Sans horaires à rallonge, sans soirées en boite et sans enfants à gérer. Si ce simple rythme se répète trop de jours d’affilée, je craque. En général, 8 à 10 jours est un délai plus que suffisant pour atteindre ma limite.

Ca ne veut pas dire que je n’ai pas besoin d’être entourée. En fait, j’aime discuter avec mes amis, vraiment. Seulement, j’aime le faire selon mes conditions. Le plu souvent, ça passe par forum, chan ou texto interposé. Je crois que j’ai besoin de cette barrière qui fait que je peux m’autoriser à ne pas répondre, ou pas tout de suite, lorsque quelqu’un me parle. Ce qui est impossible lorsque l’on est ensemble IRL.

Homme seul contre un arbre.
Par josealbafotos sur Pixabay.

Je commence seulement à réaliser à quel point ce besoin de solitude est pour moi une nécessité absolue. J’ai cru, au cours des derniers mois, être devenue incapable de travailler à temps plein. Je crois que la réalité, c’est que je suis incapable de cumuler travail la journée, vie de famille le soir et vie sociale le week-end. Seul, aucune de ces trois élément ne me pose problème. C’est leur cumul qui m’est difficile.

Au final, je me retrouve devant un choix à faire : travailler à temps partiel pour avoir au moins deux journées libres que je peux passer seule dans mon appartement, ou travailler à temps et vivre en ermite. Toute autre solution fini par me faire passer en mode « survie ». C’est possible, mais je crois que je ne veux juste plus m’infliger cette épreuve. Parce que je me retrouve alors avec un combo ingérable fatigue / stress / insomnie / maux de tête.

Ce ne sont pas les heures de travail qui me font peur, je le prouve en ayant deux métiers : vétérinaire et autrice. Ce sont les présences. Le fait de savoir qu’il y a quelqu’un pas loin, même si c’est dans une autre pièce. Parce que ça veut dire qu’il ou elle peut venir me parler et s’attendre à ce que je réponde à n’importe quel moment.

Bateau dans la brume.
Par Engin_Akyurt sur Pixabay

Alors savoir que d’ici un mois, je travaillerais à nouveau à mi-temps est un soulagement sans nom. Je sais que je vais enfin pouvoir retrouver un équilibre et me sentir bien dans ma vie. Et tant pis si certains prennent ça pour de la paresse, je refuse de me sentir mal en permanence parce que je suis « censée » avoir un travail normal : à savoir un travail ou je vois des gens toute la journée, cinq jours par semaine. Alors je serais paresseuse, associale et égoïste. Mais je serais heureuse.


4 réflexions au sujet de “La solitude, besoin vital ?”

  1. Je crois que je suis au même point que toi (voire pire, parce que la personne qui me dit « on va manger avec des gens demain » si j’ai pas envie se prendra un « même pas en rêve » en retour, et je me sentirai même pas coupable).
    Je l’ai très bien vu dans mon dernier taf. Le boulot 9h par jour, 5 jours par semaine, enfermée dans un open-space avec 25 personnes certes très gentilles et assez silencieuses, mais toujours présentes, et qui attendaient de moi des choses aussi simple que « parler avec eux le midi » m’a crevée en 6 mois.
    Clairement, je suis bien plus zen depuis que j’ai commencé à bosser de chez moi. Et je veux pas recommencer à travailler en présentiel. Vraiment pas.
    Et pourtant c’est pas assez. Parce que le soir et à midi j’ai mes parents qui sont là. Et ça veut dire des discussions, ça veut dire du bruit (je suis en train de devenir de plus en plus intolérantes aux sons que je n’ai pas choisi, c’est horrible), ça veut dire ne pas être libre de mon emploi du temps…
    Et là je rêve de retrouver un appart, et vite. Un endroit rien qu’à moi, juste pour moi, moi, moi. Là où je pourrais inviter des gens parce que j’aime bien ça aussi, là aussi d’où je pourrais les virer en un mot parce que j’en ai juste marre et que je veux être seule, et tant pis si c’est « mal ».
    Moi aussi j’suis égoiste. Je l’ai toujours été. Et je compte pas changer.

    1. ♥♥♥
      Des fois, je me dis que ça doit être pour tout le monde pareil. Mais… je suppose que non, sinon personne n’aurait d’enfants (ou aucun ne survivrait jusqu’à l’âge adulte XD). Bref, je ne comprends pas les gens sociaux, mais c’est pas nouveau. Vive la solitude !

  2. En fait c’est une question d’introversion/extraversion. Les introvertis puisent leur énergie dans la solitude, et la présence des autres, même des amis qu’on adore et avec qui on passe un bon moment, drainent notre énergie. À l’inverse, les extravertis ont leur niveau d’énergie qui baisse quand ils sont seuls et remontent quand entourés de gens. Visiblement, tu es introvertie XD

    Et moi aussi. Je te rejoins complètement. Le truc c’est que notre société est plutôt « extravertie » et a tendance à trouver « normal » de vouloir sortir et bizarre d’aimer être seul(e). Quand j’étais ado je me souviens que c’était un sacré poids quand on attendait de moi que je sorte tous les samedi soir alors que moi, j’avais juste envie de me mettre sous la couette et lire ou jouer à des jeux vidéo…

    D’ailleurs en parlant d’open space, plein de gens m’ont dit « fais attention, en te mettant à ton compte tu vas bosser de chez toi et tu risques de péter un câble à ne jamais voir personne ». Et bien au contraire, je me sens bien mieux maintenant, et j’adore bosser tout seule ! Justement comme tu dis, ça me laisse de l’énergie pour sortir un peu le soir et voir des gens le weekend, une énergie que je n’avais pas quand je sortais déjà 5 jours par semaine 10 heures par jour…

    1. J’arrive pas à comprendre comment on peut récupérer de l’énergie en parlant à des gens XD. Ce qui me fait penser que j’ai quand même quelques persos extravertis, mais très peu. Et je ne crois pas avoir de perso qui ne gère vraiment pas la solitude…

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