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Errances, Identités

Demi-girl

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un concept très large dont je ne vais qu’effleurer la surface : le genre.

Difficile de trouver une définition précise, ce mot en a plusieurs dans des contextes très différents. Mais si l’on se restreint à sa définition sociale, il s’agirait de l’ensemble des différences non biologiques entre hommes et femmes.

Le genre correspond donc au « ressenti », et non à l’anatomie. Et si pour certaines personnes ce ressenti est évident, pour d’autres il ne l’est pas forcément. C’est là que la binarité homme/femme se fait encore plus floue. Parce qu’un être vivant n’est pas un QCM, il arrive parfois que notre genre ne soit pas l’un ou l’autre mais quelque part entre les deux, ou carrément en dehors de ce curseur (La chaine « Prince(ess)e » en parle plutôt bien dans sa video sur l’identité de genre). Et là, la question devient encore plus délicate.

Silhouette de femme.
Par OpenClipart-Vectors sur Pixabay

Suis-je une femme ? Est-ce que vous vous l’êtes déjà demandé ? Moi, oui. Et le simple fait de me poser la question indique bien cette absence de certitude en ce qui me concerne.

Suis-je une femme ? J’ai un prénom féminin, je me genre au féminin, je porte parfois des robes (parce que j’aime sentir le tissu voler autour de mes jambes), parfois des pantalons, je ne me maquille pas, je me tonds les cheveux, je m’épile (quand je n’ai pas trop la flemme), j’aime globalement ma silhouette, j’aime mes seins même s’ils sont chiants, je n’aime pas avoir mes règles, je ne porte pas de bijoux (parce que j’oublie de les remettre après ma douche).

Suis-je une femme ? Je réponds quand on m’appelle madame, je souris quand on m’appelle monsieur. Le féminin me vient naturellement, parce que j’ai appris à parler comme ça. Adolescente, j’adorais que l’on ne traite de garçon manqué. Je crois que, faute de mieux, c’était le genre dans lequel je me reconnaissais le mieux. Pas une « vraie fille », « pas un garçon », mais quelque chose d’un peu bâtard, un peu raté. Peut-être parce que ça reflétait ce sentiment de profonde inaptitude sociale que je ressentais.

Symbole des fiertés demi-girl
Symbole demi-girl

Je ne suis une femme que parce que l’on m’a dit que j’en étais une, et quelque part, je trouve cette explication insuffisante. Parce que je ne me sens vraiment bien que dans un espèce d’entre-deux. Cheveux longs, mais jean et T-shirt de garçon. Cheveux ras mais jupe ou robe.

Drapeau des fiertés demi-girl.

Alors j’ai cherché un terme, parce que j’étais mal à l’aise de ne pas être à ma place dans la case de femme. Et j’ai fini par trouver demi-girl : une personne dont le genre est partiellement femme et partiellement autre chose (définition honteusement repompée sur ce site). Certains diront que c’est couper les cheveux en quatre. Moi, je trouve ça quand même plus classe que « garçon manqué ».

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