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Livre, Rencontres

Cut and Run, de Abigail Roux et Madeleine Urban

Cut and Run est une série de M/M « comme je les aime ». Elle tape dans mon péché mignon : la bonne romance à l’américaine sur plusieurs tomes avec des persos bien badass. J’ai mis à profit mes pseudo-vacances de Noël pour relire les 9 tomes et je vais vous expliquer ici pourquoi je les aime, mais aussi ce qui m’a dérangé lors de ma première lecture et que j’ai enfin pu réexaminer avec un peu de recul.

Couverture de "cut and run", tome 1 de la série du même nom.

J’ai tenté de donner mon ressenti sur la totalité de la série en évitant au maximum les spoilers. Quelques détails filtrent, mais je ne dévoile ni intrigue, ni élément clé du background.

Des personnages complémentaires, mais qui perdent leur équilibre

Les personnages de cette série sont superbement complémentaires, aussi bien du point de vue professionnel que personnel. Cela rend leur duo à la fois explosif et super efficace, tout en leur offrant assez de points communs pour ne pas rendre leur lien artificiel.

Les deux premiers tomes sont de ce point de vue très intéressant car j’y ai vraiment ressenti un équilibre entre les personnages. Tyler mène le jeu avec brio, mais il est efficacement complété par son équipier. Chacun possède ses forces et ses faiblesses, tous deux ont un équilibre psychologique précaire et semblent marcher sur une corde raide.

Malheureusement, j’ai fini par avoir la sensation que cet équilibre ne tenait plus. Au fil de l’avancée des tomes, Tyler devenait de plus en plus « parfait ». Son instabilité psychologique s’efface peu à peu, et chaque nouvel épisode nous révèle un nouvel atout pour cet ancien marine polyglotte (il parle au moins 5 langues couramment), homme d’action, meneur d’hommes, profiler, acteur, musicien, chanteur, danseur, etc…

Pendant ce temps, nous ne découvrons de Zane que son excellent niveau au poker et des compétences supposées (mémoire photographique, capacité d’analyse quasi-mathématique, combat aux couteaux) qui ne sont au final pratiquement jamais utilisées ou montrées. Même lors de l’étude des dossiers, ce sont les talents de profiler et l’instinct de Ty qui offrent la solution, là où on se serait attendu à ce que Zane nous montre cette intelligence tellement vantée. De plus, Zane n’aura qu’une fois en six tomes le réflexe d’utiliser ses couteaux au combat (et il ne le fera finalement pas).

Ce déséquilibre m’a de plus en plus laissé avec la sensation amère que Zane ne méritait pas le « trop parfait » Tyler.

Jusqu’au tome 7…

Le tome 7 m’a fracassée, sincèrement. Les passés ressurgissent et s’entrecroisent, Ty fait montre d’une ambivalence que l’on avait oubliée et Zane est tiraillé, à la fois à son plus bas et à son plus haut. Sans compter les personnages secondaires qui soufflent le chaud et le froid et nous en font voir de toutes les couleurs.

Couverture de "Touch and Geaux", tome 7 de la série "Cut and Run".

Et cela continue dans les deux derniers romans de la série, qui montent en puissance sur les éléments exploités dans ce fameux tome 7 à partir de leurs passés. L’intrigue se densifie, gagne en profondeur. Les personnages dévoilent leurs failles, tombent dans leurs retranchements, perdent leur manichéisme pour devenir plus tordus, plus tourmentés.

Ce qui a commencé comme une série « mignonne » à base de meurtre, d’enquêtes et d’hémoglobine devient une oeuvre structurée et complexe.

Peut-être ce changement de cap s’explique-t’il par le « changement » d’autrices. Car cette série qui a commencé à 4 mains a été poursuivie à partir du tome 5 par Abigail Roux seule (elle a alors repris le personnage de Zane, jusqu’alors écrit par sa comparse). Je soupçonne son manque de maîtrise du personnage d’avoir appuyé chez moi cette sensation de déséquilibre, en particulier dans le tome 6 qui m’a beaucoup déçue.

Et puis… Zane est devenu sien et il a atteint un potentiel qu’il n’était qu’une vague promesse au début de la série !

Une série entraînante et extrêmement puissante

Malgré ces défauts, que j’interprète comme le signe d’une série dont le début est publié alors qu’elle ne sait pas encore où elle va, j’ai pris beaucoup de plaisir à ma lecture et à ma relecture.

La romance est là, et évolue avec une lenteur sympathique sans traîner inutilement. Leur vie est parsemée par les merdes qui leur tombent dessus, qu’ils soient au boulot ou en vacances. Un peu too much ? Sans doute, mais on s’y attend et ça a côté très drôle de se demander quelle affreuse poisse va encore leur tomber dessus cette fois. Les deux héros sont plein d’humour et passent leur temps à s’asticoter, tout en apprenant à se connaître, à se comprendre et à communiquer. Les affaires se suivent sans trop se ressembler malgré le nombre de tomes, on explore le passé, les amis, les familles… les personnages secondaires sont très sympas à découvrir et on a envie de les revoir.

Et c’est une série bourrée d’adrénaline ! Bon… le côté médical passe un peu à la trappe. Je doute que l’on puisse se casser les côtes, les doigts et les mains aussi souvent et reprendre le boulot en trois jours à chaque fois (et être opé pour des séances de sexe ultra-chaud dans la foulée, aussi), mais c’est loin d’être la première série qui nous fait le coup. Et les traces de leurs vies trop mouvementées finissent par se voir sur la fin.

Quant au sexe… il est présent, il est chaud, il est brutal sans être complètement aberrant. Et si ça m’a un peu lassé en enchaînant les tomes, il a l’avantage de ne pas être « si » présent que ça. Par chance pour le lecteur qui ne cherche pas d’érotique, ils ont souvent bien d’autres préoccupations que de passer leurs journées à baiser (ça a tendance à faire ça, quand on veut vous tuer).

Bref,

Couverture de "Crash nd Burn", tome final de la série "Cut and Run".

Cut and Run est une série un peu inégale, mais qui explose sur les 3 derniers tomes. Et dont chaque épisode reste vraiment fun à découvrir malgré les quelques soucis soulevés ici. Voilà un an que j’attendais de revenir vers eux et de découvrir enfin la conclusion de leur histoire (je n’avais jamais trouvé le courage de lire le tome 9, car je craignais d’arriver à la fin).

Et je viens de passer deux semaines en apnée à re-dévorer leurs aventures.

À découvrir pour tous ceux qui aiment les M/M chauds, bourrins, remplis de sang, de balles qui volent et de C4, et les personnages ambivalents.

2 réflexions au sujet de “Cut and Run, de Abigail Roux et Madeleine Urban”

  1. Bonjour,

    Suite à vos commentaires qui rejoignent d’autres que j’ai lu sur d’autres sites, j’ai très envie d’acheter tous les livres de cette série en français, par contre.

    Sauriez-vous où je pourrai les trouver car j’ai fait pleins de sites depuis des semaines et impossible de les trouver. Traque à NEW YORK surtout, les autres j’en ai vu même s’ils sont chers mais c’est pas grave.
    Pouvez-vous m’aidez ?

    1. Mince, j’ignorais qu’ils n’étaient plus disponibles !
      Peut-être contacter la maison d’édition française afin de connaitre les raisons de cette indisponibilité (et savoir s’ils comptent les rééditer à l’avenir) ?
      S’ils ont rompu le contrat de traduction, il n’y aura sans doute pas d’autre solution que de le chercher en occasion, mais je ne peux pas vraiment aider. Je les ai achetés et lu en anglais et au format numérique. Je ne fréquente pas les sites de revente, je n’ai donc pas de conseil miracle, malheureusement.
      En tout cas, je vous souhaite bon courage pour cette quête, j’espère que vous trouverez !

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