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Livre, Rencontres

Aimer n’est pas jouer, Fanny Mertz

Parce que les corrections sont une étape très difficile pour moi, surtout lorsqu’elles durent et s’enchaînent, c’est aussi une période où je lis énormément. Il y a donc un certain nombre de romans dont j’ai envie de vous parler. Voici celui qui m’a le plus marquée au cours de mes dernières semaines de lecture : « Aimer n’est pas jouer » de Fanny Mertz.

Ce roman, publié par mes éditrices de Reines de Coeur, appartient à leur collection « Littérature ». Ce n’est pas une romance à proprement parler, même s’il s’agit d’une histoire d’amour. Ou plutôt, d’histoires d’amour.

Résumé :

Camille, une jeune infirmière, se tient sur le rebord de son balcon, prête à sauter. Elle est rattrapée in extremis par sa voisine, Aimée. Cette vieille femme étrange possède en effet un double de sa clé et l’épie quotidiennement à travers le plancher.

À force de discussions, Camille et Aimée se livrent sur leurs vies. Des vies qui se ressemblent : deux pianistes au destin contrarié, ayant aimé la mauvaise personne. Camille est tombée sous le charme de sa meilleure amie au Conservatoire et Aimée a succombé à sa passion pour un officier allemand durant l’Occupation.

En partageant ses erreurs avec Camille, Aimée va guider celle-ci sur le chemin de l’acceptation et du pardon…

Bien sûr, les histoires d’amour de ces deux femmes m’ont touchée. Mais ce n’est pas pour cela que j’ai vraiment aimé ce livre. Je suis quelqu’un qui s’attache en général assez peu au style, pour peu qu’il soit grammaticalement et narrativement correct. Mais parfois, un livre va me heurter par son écriture. C’est le cas de celui-ci. Ce roman, c’est une espèce de petite pépite de poésie parsemée d’un humour grinçant et décalé qui a fait mouche à chaque fois.

Les heures défilent et elle joue. Dehors, la nuit a posé sa fraicheur sur la ville, offrant aux dormeurs une trêve au milieu de la canicule. Quelques mètres au dessous du piano, Aimée s’est confortablement calée dans son fauteuil et, armée de son thermos, elle est prête à écouter jusqu’à l’aube s’il le faut !

Aimer n’est pas jouer, Fanny Mertz

Et il y a Aimée, bien sûr. Une vieille femme qui loue un appartement occupé par un piano de concert d’une immense valeur. Elle ne loue qu’à des pianistes. Parce qu’Aimée habite juste en dessous, et qu’elle veut les entendre jouer. J’ai adoré cette femme. Son caractère entier, sa lucidité un peu grinçante, ses secrets, sa douceur et ce grain de folie propre aux artistes.

— Ce n’est pas mon histoire que vous racontez, c’est la vôtre !
— Bien sûr que c’est la mienne, poursuit Aimée dans un sourire. Soixante années nous séparent. Ma route m’a conduite là je ne devrais pas être : ici, à me lamenter. »

Aimer n’est pas jouer, Fanny Mertz

Mais le style n’y suffit pas, et c’est là qu’une galerie de personnages secondaires d’une incroyable audace se mêle au destin de Camille et d’Aimée. Des personnages différents, un peu tordus, trop marqués par la vie ou pas assez. Et tous ces personnages donnent une couleur incroyable à ce texte.

Et ces décors ! Le roman se passe à Paris. Dans notre Paris d’aujourd’hui ! Pourtant, on le redécouvre à chaque pas de côté qu’effectuent les personnages audacieux et un peu hors norme de cette histoire.

Alors qu’elle sent monter les prémices d’une crise de claustrophobie, une brise légère lui caresse le visage, une minute après, ils s’introduisent dans la cathédrale. Camille saisit le bras de Val, les plafonds de pierre blanche les dominent de toute leur hauteur, elle a le vertige.

Aimer n’est pas jouer, Fanny Mertz

Pour conclure, je suis tombée amoureuse de ce roman, de ses personnages, du piano et du Paris qui m’a été partagé au fil des pages. Un livre que je relirai sans le moindre doute.

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