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Coulisses, Hurlements

Triade, notre projet vortex

Introduction à un projet obsessionnel

Voilà des années que vous m’entendez régulièrement parler d’un projet mystérieux. Rédigé à 4 mains avec Karine Rennberg et connu sous différents noms de code dont : projet Triade, projet tabou et projet vortex, je vais aujourd’hui vous expliquer un peu de quoi il s’agit… et pourquoi il est mystérieux depuis aussi longtemps.

Un pistolet posé sur une table, en équilibre sur la crosse et le canon.
Par LovableNinja sur Pixabay

À la base, Triade n’était qu’une petite novella écrite pour nous détendre et mettant en scène nos personnages du moment (Eirik et Léandro d’Entrelacs pour Karine ; Alessio, Thibault et Fares de Prison Putsch pour moi). Or, nos personnages ont étrangement accroché, et ce qui n’était qu’une novella fun est devenue… une très longue série d’auto-fanfiction. Trois saisons, 18 épisodes et environ 2 millions de sec (quelque chose comme 500 pages Word) plus tard, nous étions trop impliquées pour abandonner, tout en ayant conscience que nous allions dans le mur depuis le début (puisque ces textes n’avaient jamais eu vocation à être publiés ou même pris au sérieux).

Alors, nous avons posé les choses, nous avons réfléchi, nous nous sommes engueulées, nous avons abandonné, nous avons repris, nous nous sommes laissées submerger une nouvelle fois, nous avons fait bêta-lire, nous avons abandonné à nouveau avant de reprendre autrement, puis encore autrement. Et à chaque fois que l’une de nous osait prononcer le titre de ce qui était devenu notre obsession personnelle… nous replongions pour des mois, souvent sans beaucoup mieux savoir ce que nous faisions.

Historique actualisé des versions du projet

  • V1 : Format sériel, light urban fantasy, 3 saisons de 6 épisodes chacune, environ 2 millions de secs, une douzaine de points de vue. C’est à ce jour la seule version qui est arrivée « quelque part ». La série est bourrée d’incohérences, de traumas redondants d’un personnage à l’autre, ne suit aucun rythme (le climax des épisodes se trouve soit en plein milieu, soit même au début). Bref, c’est un fouillis de fan service et de darlings, addictif mais immontrable.
  • V2 : Format sériel, light urban fantasy, un peu plus d’1 saisons, 8 épisodes, environ 900 000 secs, une dizaine de points de vue. La version 2 avait pour but de reprendre la même histoire, en corrigeant ses incohérences. Nous avons réécrit la première saison et l’avons envoyé en bêta-lecture alors que nous reprenions la seconde. Le verdict a été sans appel : le rythme (qui lui, n’avait pas changé) ne correspondait pas du tout à un format sériel.
  • V3 : Format roman, light urban fantasy, 1/2 tome, 32 chapitres, environ 400 000 secs, 3 points de vue. Encore une fois, cette version avait pour objectif de reprendre la même histoire, mais cette fois en effaçant le format sériel pour passer à un format roman où les points de vue seraient resserrés et le rythme moins morcelé. Mais passer la série en roman nous a montré les soucis d’intrigue (ou son absence), les redondances, les soucis posés par le contexte « réel ». Nous avons mis le projet en pause.
  • V4 : Format roman, science-fiction, 2 + 1/2 tome, environ 1 250 000 secs, 3 points de vue. Enfin, nous sommes parvenus à nous affranchir de la série originelle. Les personnages sont restés les mêmes, avec le même caractère, la même construction, les mêmes valeurs, mais nous les avons transposés dans un univers entièrement différent, avec une société et des « fils rouges » différents (j’entends par « fil rouge » toute problématique du roman qui ne consiste pas à mettre nos trois crétins en trouple et à apprivoiser leurs traumas). Ainsi, nous avons atteint le 3ème tome avant de nous perdre à nouveau, coincées par des soucis de construction du monde et des personnages secondaires. Alors nous avons décidé de corriger.
Par gene1970 sur Pixabay
  • V4.2 : Format roman, science-fiction, 1/4 tome, taille inconnue, 4 points de vue. Nous avons repris le premier tome en densifiant l’univers, en retravaillant les personnages secondaires, mais surtout en faisant le ménage. Trois personnages hérités de la toute première version ont disparu. Un antagoniste de la première version s’est retrouvé allié et a gagné son point de vue. Avec cette version, nous avons enfin réussi à nous affranchir des derniers darlings qui nous reliaient au matériau d’origine.
  • V4.3 : Format roman, science-fiction, 1/2 tome, environ 300 000 secs, 4 points de vue. Très vite sur la V4.2, nous avons réalisé que nous avions encore oublié notre intrigue et que nous allions à nouveau dans le mur. Nous avons donc repris le texte et l’avons réécrit en architecturant l’intrigue au fur et à mesure pour tout baser dessus. Notre souci actuel : nous avons l’impression d’avoir un peu perdu les liens entre les personnages. Mais la timeline s’est resserrée, les évènements s’enchaînent, je leur fais confiance pour très vite s’imposer à nouveau au coeur de tout ça.

Une évolution au fil des réécritures

Je n’avais jamais écrit un projet comme ça. Nous seulement d’aussi longue haleine et avec autant de sec au compteur, mais surtout qui revient de manière aussi obsessionnelle dès que je le délaisse trop longtemps. Arriverons-nous à le publier un jour ? Je n’en doute pas. Arriverons-nous à le quitter lorsqu’il sera publié ? Je ne suis pas sûre.

Quoiqu’il en soit, ces différentes versions nous ont permis d’explorer les rythmes, les formats, de réaliser la redondance de certains arcs, de travailler et tisser des personnages, d’accepter d’en laisser partir d’autres. Notre écriture a grandi (enfin, j’espère) à mesure que nous écrivions ce texte aujourd’hui en cours depuis plus de 5 ans.

Pourtant, nos 3 protagonistes ont su garder leur caractère et leurs valeurs. Leurs interactions ont évoluées en douceur d’écriture en réécriture. Après l’équivalent de 8 tomes écrits, ils arrivent encore à nous surprendre avec de nouvelles interactions et dynamiques, ou au contraire en ressortant une interaction d’une vieille version qui avait été éliminée depuis longtemps. Ils sont là, ils sont constants et changeants à la fois mais leur dynamique fonctionne toujours aussi bien. C’est peut-être pour ça, que nous n’arrivons pas à les abandonner.

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