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Griffes et crocs, Technique

Poésie

J’ai toujours trouvé la poésie assez fascinante. Une forme d’écriture minimaliste, encadrée de règles souvent strictes mais qui pourtant raconte une histoire, offre une émotion.

De mes cours de français, du collège au lycée, ce sont des poèmes dont je me souviens le mieux. J’ai souvenir d’un poème Parnasse, qui parlait d’émaux. J’ai encore le rythme des poèmes de Baudelaire sur les voyages. Je me souviens que je préférais Apollinaire et ses textes parlant de l’automne. Je revois un recueil de William Blake que j’avais acheté à cause de « The tyger » dont j’avais découvert la première strophe dans un roman. J’ai voulu les lire en anglais. Je n’avais pas compris, alors, que ses références au christianisme étaient une critique.

J’ai aimé les décortiquer tous ces textes, recherchant le sens caché sous les rimes et les pieds imposés, la langue française tordue pour obéir à d’autres règles. Le rythme, même si j’avais toujours l’impression de ne pas savoir le lire, de passer à côté en cherchant à trop marquer les vers.

Photo d'un chat noir à poils longs, yeux oranges, ramassé face à l'objectif avec sa queue qui se perds sur la gauche dans le flou du fond.
Image par ClaudiaWollesen de Pixabay

Je crois que ce sont surtout les règles, qui me fascinaient. Compter les pieds, lutter avec les mots pour trouver des rimes les plus riches possible sans perdre leur sens. Et lorsque l’on y ajoute des mots imposés… le défi prenait encore plus d’ampleur. La poésie était un jeu qui a animé mes années collège.

Si chauves-souris,
Serpents dans la nuit,
Chats noirs aux yeux d’or,
Loup hurle à l’aurore.

Fine fleur de la terre,
Sont traitées en chimères.
Injustement maudites,
Par des âmes craintives.

[…]

Mauvais présages, Ophélie Hervet

J’ai joué avec les sons, décomposé et compté les pieds pour apprendre à manier la langue.

Puis quelqu’un, je ne me souviens plus qui, m’a offert une autre vision : « les règles, en poésie, ce sont celles que l’on s’impose ». J’ai alors commencé à jouer avec les rimes et les pieds. À les croiser, à les décroiser. J’ai tenté l’acrostiche*, le calligramme*, plus tard j’ai découvert le Haiku*. Pas de poèmes libres. J’avais besoin de ces règles pour construire mes textes. Ils en étaient la structure, le défi, le jeu.

Photo de dunes de sable parsemées d'oyats, sous un ciel nuageux orangé. Le tout donne une couleur presque dorée/cuivrée à l'ensemble.
Image par kordula vahle de Pixabay

[…]
Sur fond de mer et de ciel bleu
De sable et de soleil couchant
Où que je sois, où qu’aillent mes rêves
Serpent du Nil
Varan des dunes
Ré, comme chaque matin se lève.

Reflet, Ophélie Hervet

Je m’amuse aujourd’hui à relire ces poèmes, écrits entre mes treize et mes vingt-cinq ans. Ils me paraissent… naïfs. Je comprends désormais le retour d’un éditeur spécialisé dans la poésie, qui m’avait fait une très jolie réponse manuscrite indiquant que mes textes étaient prometteurs, mais manquaient de maturité.

Photo de la surface d'une étendue d'eau, parcourue de vaguelettes qui cassent l'image de zébrures orangées.
Image par S. Hermann & F. Richter de Pixabay

[…]
Tu avances droit et fier
Le monde devient tien
Il était mien hier
Mais je ne le retiens

Une eau agitée
Révèle un reflet
De l’autre côté
D’un miroir brouillé
[…]

Miroir brouillé, Ophélie Hervet

Il faudrait peut-être que je retente, avec la vision moins stupidement romantique qui est la mienne aujourd’hui.

*Acrostiche : Poème dont les premières lettres ou premiers mots de chaque vers, lu verticalement, composent un mot ou une expression en lien avec le poème.

*Calligramme : poème dont la composition graphique forme un dessin.

*Haiku : Poème japonais extrêmement court et normé.

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