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Livre, Rencontres

Gestalt

J’ai testé il y a peu le premier roman de la toute jeune maison d’édition : Le chant du Cygne.

Gestalt est le premier roman de Ivan Kwiatkowski, également créateur de la maison d’édition. Si l’on peut craindre, dans ce genre de cas, de l’autoédition déguisée, la maison d’édition a déjà sorti un second roman d’un nouvel auteur : Éric Lysøe.

Quoi qu’il en soit, Gestalt est en apparence un roman de fantasy relativement classique. Pas d’elfes et de nains, mais des humains, des magiciens, des oracles, le tout dans un décor d’époque médiévale sur fond de guerre entre nations. Il y aurait moyen de creuser un peu plus l’univers et sa construction, mais ce n’est pas du tout ce qui m’a accroché ou m’a semblé important dans ce roman.

Des tranches de visage des différents personnages, tracés en noir et gris, sans expression.
Couverture de Gestalt

Ici, comme je l’aime dans mes lectures, ce sont les personnages qui sont mis à l’honneur. J’ai toujours du mal à accrocher aux débuts d’un roman choral, qui fait défiler de nombreux personnages à travers les premiers chapitres. Celui-ci n’a pas fait exception. J’ai même dû relire les premiers chapitres après une pause de quelques semaines qui m’avait complètement sortie de l’histoire.

En réalité, c’est arrivé vers le milieu du roman que je me suis retrouvée happée par un détail qui peut paraître idiot. Un personnage, que l’on découvre, est en réalité l’ancienne compagne d’un autre personnage que l’on a suivi plus tôt. C’est là que ça m’est tombé dessus d’un coup : tout est lié. Et c’est à partir de là que je n’ai plus été capable de lâcher. Car chaque nouveau personnage apparaissait lié aux autres, par des connexions parfois directes, parfois indirectes. Et chaque vie, chaque destin et chaque décision glissait des grains de sable qui impactaient les vies, les destins et les décisions des autres.

Pourtant, au milieu de cette toile d’araignée, chaque personnage a sa propre quête. Lesquels d’entre elleux, au final, se préoccupent vraiment du destin du monde et de la guerre à venir ? Toustes sont égoïstes, à leur façon. Toustes tentent de survivre dans un monde qui va au-delà d’elleux. Toustes s’efforcent de se démêler d’un conflit intérieur : celui de leurs valeurs heurtant les réalités de leur monde.

Cela m’a rappelé une phrase sur laquelle je suis tombée il y a quelque temps. Je ne suis plus sûre de la provenance, peut-être n’était-ce qu’un tweet sans importance posté par quelqu’un. Mais il avait résonné en moi sur le moment, et il m’est revenu en lisant Gestalt : « J’ai réalisé que chaque personne que je croisais avait une vie et une histoire aussi complexe que la mienne, et que chacun était au centre de son propre univers. Et je trouve ça incroyable. » (citation non contractuelle).

Chaque personnage est avant tout en quête de sens, d’appartenance, de bonheur. Mais au final… je me suis fait une réflexion étrange. Nombreux sont, dans ce roman, les personnages qui meurent en ayant atteint l’acceptation de leur propre mort. Comme s’iels étaient naturellement arrivés au bout du chemin, à l’achèvement de leur destinée et à la découverte du sens de leur vie, ou à son renoncement.

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